HEAD AND SHOULDERS
La plus ancienne, la plus populaire, et sans doute la plus fiable des figures d'inversion est nommée par nos chers grands enfants américains : "Tête et Epaules". (Eh oui!). Cette figure se trouve indifféremment en fin de tendance baissière ou haussière. Les têtes et épaules de sommets révèlent une phase de DISTRIBUTION, celles que l'on trouvent aux bases une phase d'ACCUMULATION.
Graphiques théoriques Graphiques réels
Les Prémices
Lors d'une tendance haussière, la figure naît comme une réaction à la baisse classique, saine normale et attendue comme telle par le marché.
Au fil de cette correction, un certain nombre de positions longues sont constituées ou additionnées à des positions existantes. Les cours rebondissent alors de manière plus ou moins violente en relation avec l'ampleur du mouvement précédent et du sentiment de la place sur l'actif considéré. Cette hausse marque un nouveau "plus haut". A ce stade de la construction, l'épaule gauche est formée, mais aucun signe possible d'inversion n'est décelable ni même probable. Tout au plus, le faible volume qui accompagne la hausse en souligne la fragilité potentielle, car en contradiction avec le concept du volume qui accompagne la tendance.
Le Doute
La tête sera complétée si une nouvelle et forte baisse se produit et tire les cours suffisamment bas pour susciter des prises de bénéfices. Ici, l'inversion est probablement en cours. Accompagnée d'un fort volume, l'offre a pris le pas sur la demande. Le doute est installé dans les esprits, des liquidations de positions longues sont apparues.
La Liquidation
La construction de l'épaule droite débute là où s'achève celle de la tête. Mais la réaction haussière est faible et sans volume puisque motivée presque exclusivement par des prises de bénéfices Elle est rapidement coiffée par l'émergence d'une forte pression vendeuse.
Le doute sur la pérennité de la hausse, déjà en cause lors de la formation de la tête va venir à bout de l'Epaule droite. Les liquidations de positions longues accumulées pendant la tendance haussière s'amplifient, les spéculateurs agressifs, convaincus que la forte baisse précédente préfigure une inversion à venir, apparaissent et prennent des positions courtes. La faiblesse du courant d'achat et le cumul des ces intérêts vendeurs casse à nouveau la hausse. Cette ultime réaction est donc par nature, toujours inférieure à celle qui a formé la tête et rarement supérieure au sommet de l'épaule gauche.
L'achèvement de l'épaule droite complète la formation, mais elle reste à valider car à ce stade, le dessin révèle uniquement l'indécision grandissante du marché.
La Décision
Le signal décisif du retournement de tendance est le franchissement de la "ligne du cou". Eh oui, cette ligne n'est en fait rien d'autre qu'une ligne de tendance qui doit être tracée selon les règles, en l'occurrence sous les supports crées par le bas de l'épaule gauche et le point bas obtenus au terme de la formation de la tête. En prolongeant cette ligne on obtient le niveau qui doit être brisé, pour valider l'inversion.
Cette rupture est réalisée par la première clôture sous la ligne du cou. Elle doit en outre s'accompagner d'un volume important. Dans l'hypothèse où le volume ne serait pas au rendez-vous, le signal devient suspect (ceci est particulièrement vrai pour les
("T.E." de bases).
La ligne du cou
Nous savons désormais que cette ligne soutien la formation "T.E." qu'elle doit être rompue pour valider l'inversion de la tendance, mais cette ligne a aussi la propriété d'exercer une force de rappel importante. Les cours qui s'en éloignent au moment de la rupture ont tendance à revenir à proximité de son tracé avant de reprendre le chemin de la baisse. C'est une opportunité supplémentaire offerte au Chartiste et une illustration parfaite de nos propos antérieurs relatifs au principe du support devenant résistance.
On peut noter par ailleurs que lors T.E. de sommet, la pente de la ligne du cou est souvent haussière quelques fois horizontale et plus rarement baissière.
Les variations du dessin élémentaire, surtout aux bases, sont courantes et rendent parfois l'identification plus ardue. Epaules multiples, double tête suggèrent un environnement émotionnel quelque peu différent et plus incertain, en contrepartie, la symétrie des figures est remarquable, une double épaule gauche précède très fréquemment une double épaule droite. Le retour des cours à proximité de la ligne du cou se produit le plus souvent aux bases qu'aux sommets. Le rôle du volume, important au sommet est vital aux bases, la validité, la sincérité, d'une "T.E." de base passe nécessairement par l'intensification des transactions.
Ce point est commun à toutes les inversions de bases et renforce leurs crédibilités. Les têtes et épaules peuvent aussi, dans un autre contexte, être reconnues comme des figures de consolidation. Nous aborderons plus loin cet autre aspect des signaux fournis et des opportunités de trading qu'ils offrent. Mais nous devons évoquer ici une différence essentielle qui existe entre les deux facettes de la même figure.
Plus celle-ci est importante au regard des variations antérieurs plus la thèse de l'inversion de tendance sera crédible. En effet, quelle que soit la forme que prendra la figure (simple ou complexe), plus de temps sera nécessaire à sa construction, plus important seront les écarts de cours observés plus nous forgerons notre conviction d'assister à une de ces phases de distribution ou d'accumulation évoquées en début de chapitre et prélude aux retournements majeurs de tendance.
Toutes les figures déjà étudiées nous fournissaient des signaux, des indications sur la tendance, les mouvements à venir. La "T.E." est le premier dessin à nous offrir, comme les ruptures de la ligne de tendance, un objectif minimum de variation des cours. Comme toujours avec les "Bar Chart", la méthode employée est basée sur la hauteur du graphique, la volatilité des prix appliquée aux points de ruptures.
Pour ce qui concerne la "T.E." nous devons mesurer la distance qui sépare le sommet de la tête et la ligne du cou pour reporter ensuite le résultat à partir du point de rupture de la ligne du cou. Une autre technique, moins répandue, consiste à mesurer le parcours de la vague déclinante (ascendante) qui sépare le sommet de la tête et de la ligne du cou et de doubler l'écart constaté. Il en découle un objectif sensiblement équivalent, bien que supérieur. Dans ces deux cas, bien sûr, plus grande sera la taille du dessin meilleur seront les perspectives de gain. Il est important de se souvenir que le calcul de l'objectif donne un cours minimum à atteindre, ce but est souvent largement dépassé. Au maximum la baisse sera équivalente au mouvement de hausse qui a précédé la "T.E. (et inversement). En d'autres termes un retour à la case départ est un objectif réalisable.
Ici je pense, le doute n'est pas permis, la mise en place d'un ordre de vente stop sous la ligne du cou permet de participer au mouvement dès son déclenchement. Un autre placé au-dessus de l'épaule droite limite le risque au cas où la figure ne tiendrait pas ses promesses.
La propension des cours à revenir vers la ligne du cou, offre l'opportunité de vendre dès qu'ils s'en rapprochent, cela fournit le meilleur niveau d'entrée possible, mais le risque est bien entendu que le retour ne se produise pas et donc de rester en dehors du mouvement. Enfin, la dernière stratégie consiste à placer une vente stop sous le point bas obtenu avant le retour vers la ligne du cou (nous utilisons ici une des techniques développées dans l'analyse des supports et résistances). Cette méthode, de toute, propose la plus grande sécurité d'entrée mais, et c'est le prix du confort, le moins bon niveau d'entrée en position.
En cours de formation, la T.E. brise fréquemment une ligne de tendance longue (souvent signe avant coureur d'une inversion majeure). Les techniques d'intervention développées lors de l'étude sur les lignes de tendances sont bien entendus valides. Par ailleurs, les figures types "DAY REVERSAL" évoquées au chapitre précédent, et qui se produisent souvent au cours des phases d'accumulations/distributions nous suggèrent, ici encore, d'excellents niveaux d'entrées en positions. Il est possible aux opérateurs un peu plus audacieux d'anticiper l'événement et de prendre position en plaçant une vente limite aux environs du point touché par le sommet de l'épaule gauche. Un stop de précaution peut être placée au niveau atteint par le sommet de la tête.