DOUBLE TOPS
Personnalité : Exhibitionniste, violent et fiable.
Les doubles sommets (parfois appelé M) figurent parmi les dessins de retournement les plus courants. Ils apparaissent indifféremment à tous les niveaux de tendance, majeurs, intermédiaires, ou mineures. On les rencontre aux sommets comme aux comme aux bases (ici ils prennent le nom de double bottoms ou encore W).
Les vrais doubles sommets sont relativement rares, tant pis pour les chartistes, car leur caractéristique dominante reste le mouvement considérable qu'ils supposent, mouvement d'une amplitude en général bien supérieur à la simple implication technique du dessin. Cet espoir grandit lorsqu'ils cassent au cours de leur formation une ligne de tendance importante.
Malheureusement, ils deviennent fréquemment une partie d'une plus vaste configuration. Par exemple, dans une TE ils apparaissent quelquefois au sommet de la tête ou, forment les deux épaules d'une TE complexe; Toutefois, quel que soit l'environnement de cette figure, inversion majeure ou fragment d'une autre formation, la mesure du mouvement reste identique, seul l'espoir de voir cet objectif largement dépassé diffère quelque peu.
La rupture d'une ligne de tendance où la taille du dessin, ici
comme ailleurs, peuvent nous aider à définir si la figure constitue
par elle-même un renversement majeur de tendance ou si elle n'en est
que l'un des signes précurseurs. Plus importante sera la volatilité
et donc la taille du dessin, plus la probabilité d'être face
à une inversion majeure augmentera.
CONSTRUCTION
Dans une tendance haussière, le marché touche un nouveau "plus haut" accompagné d'un volume en augmentation sensible et des fondamentaux en harmonie, une correction survient avec un volume qui décroît. Ici tout y comprit le volume est parfaitement habituel aucun signe d'inversion n'est décelable.
Graphiques théoriques Graphiques réels
Une reprise intervient alors en apparence identique au mouvement précédent mais les cours se révèlent dans l'incapacité de franchir la résistance formée par le précédent point haut, le marché se retourne de nouveau et ramène les cours à proximité du point touché lors de la réaction antérieure. A ce stade, plusieurs éléments soutiennent l'analyse du chartiste
A - La reprise était fragile car, signe évident de faiblesse, elle s'effectuait avec un faible volume. Cela supposait, l'évaluation correcte des fondamentaux par les cours et démontrait la vulnérabilité potentielle du marché à un éventuel changement des conditions économique ou du sentiment des opérateurs.
B - Le marché s'active lors du mouvement de baisse qui suit.
Comme pour la TE et d'autres inversions, le double sommet reste potentiel tant que les cours ne brisent pas le support né de la première réaction baissière. Tant que cette condition n'est pas remplie, la figure présage seulement de l'entrée éventuelle du marché dans une phase de consolidation et d'attente précédant la reprise de la tendance en vigueur. Le double sommet n'est complet et validé que lorsque son support, appelé par extension et commodité Ligne du Cou est brisé, généralement dans un fort volume. Avant de passer à l'étude du TRADING avec les doubles sommets, rappelons que tout marché éprouve le besoin de souffler après une hausse ou baisse significative. Il réagit, c'est une action typique, par un mouvement inverse à la tendance en vigueur, sous l'effet par exemple de prise de bénéfice ou simplement par une moindre agressivité des intervenants dans le sens de la de la tendance. Les analystes et hommes de marché définissent cette phase de transition comme une période de consolidation. L'aboutissement logique de cette consolidation est la reprise de la tendance dès que les tensions nées du mouvement précédent s'apaiseront.
Chaque fois que le marché doit dépasser à la hausse le dernier pic (résistance) ou à la baisse le dernier creux (support) construit, il entre dans une phase critique, car il décide alors de poursuivre la tendance en cours ou de modifier son orientation. Les chartistes comme d'autres membres de corporation ont leur langage propre. Le terme employé pour qualifier la situation ou le marché va se heurter à un niveau ancien est "tester". Si ce test est positif, un mouvement d'une amplitude égale au mouvement précédent est probable (cela fera l'objet d'une étude prochaine sur les figures de consolidations).
TRADING AVEC LES DOUBLES SOMMET
Moins fiable que les TE, le trading avec les doubles sommets nécessite quelques précautions. L'ordre stop, arme favorite des chartistes sera, bien entendu, une fois de plus, à l'honneur. Après l'entrée en position il sera placé au-dessus de la ligne du cou et servira donc de protection contre un mouvement adverse toujours possible.
Pour la prise de position en elle-même et afin d'éviter les entrées prématurées dans le marché, l'usage de quelques filtres s'impose. La condition préalable et déterminante est la rupture de la ligne du cou. Si aucune position ne doit être prise avant que cette rupture n'intervienne l'usage d'autres critères s'avèrent très utiles pour confirmer le bien fondé d'une intervention.
Le plus utilisé des "filtres" possible, la règle des deux clôtures, est aussi, à mon avis, le plus fiable. En conséquence, dès que l'on aura constaté deux clôtures inférieures à la ligne du cou, on passera un ordre stop, sous cette ligne, certains Traders ne patientent qu'une journée et place un stop le lendemain de la rupture. D'autres encore préfèrent vendre si les cours évoluent X pour cent en-dessous de la ligne du cou, (à déterminer selon votre marché -Action/Devises- la volatilité et votre aversion au risque). Pour les adeptes de cette méthode, un ordre de vente stop est donc passé au niveau choisit avant ou après la rupture effective.
Chaque test négatif fragilise la tendance en cours, car l'inaptitude
à franchir un point de chart, dans le " pire " des cas justifie la
poursuite la consolidation (les opérateurs aiment le mouvement) mais
prélude souvent une réaction sévère, voire d'une
inversion complète.
IMPLICATION TECHNIQUE
L'implication technique du mouvement résultant de la sortie d'un double sommet ne déroge pas à la règle de la volatilité appliquée aux figures d'inversions. La mesure du mouvement possible est toujours fonction de la taille du dessin, la distance qui sépare le sommet de la figure et le creux atteint lors de la baisse doit être projetée à partir du point de rupture. Tout comme pour les TE ont peut aussi mesurer la longueur de la vague déclinante et doubler celle-ci pour obtenir l'objectif final.
Une dernière stratégie consiste à attendre (espérer) un mouvement de retour et donc à placer un ordre de vente limite à proximité de la ligne de cou. Cette démarche s'avère plus rentable lorsque l'on travaille sur un double bas. En effet, ceux-ci suscitent plus fréquemment les retracements que les doubles sommets. Cette propension à provoquer un mouvement de retour n'est pas l'exclusive des doubles bas les inversions de bases dans leur ensemble provoque ce phénomène. Cela tient à la nature même de ces inversions qui naissent dans un environnement émotionnel moins intense que les inversions de sommets ou la peur d'être le dernier à vendre provoque parfois des dérapages d'une rare violence.
Le volume joue souvent un rôle déterminant, les journaux financiers ne s'y trompent pas et mettent toujours en relief les variations de celui-ci. A la condition express d'opérer sur un marché très liquide, il faut systématiquement utiliser cette information pour soutenir l'analyse, même si l'on ne souhaite pas mesurer précisément ou représenter graphiquement son évolution. L'augmentation du volume au moment de la rupture validera celle-ci, et renforcera la thèse d'un bon signal s'il persiste pendant la période d'utilisation des filtres.