La Capoeira,
un art martial déguisé en danse

Origines et Histoire de la Capoeira
La "Capoeira" ou "Capoera" trouve ses origines dans la communauté des esclaves africains en rebellion. Originaires de l'Angola, certains d'entre eux fuient les plantations et se regroupent dans les montagnes où ils unissent rites et croyances pour lutter contre leurs maîtres.
Les "blancs" avaient developpées des techniques de combat où les bras et les poings sont le plus utilisés, dans la "Capoeira", ce sont les jambes qui sont privilégiées.
La "Capoiera" devient une arme contre l'occupant hollandais qui, à la fin du XVIIème siècle, organise des expéditions à la recherche des fugitifs. Lorsqu'un fuyard est ramené à la plantation, il transmet aux autres cette redoutable technique de combat, dissimulée sous l'aspect d'une danse tribale.
Vers 1780, le mot capoeiragem apparaît dans les registres de la police de Rio. Ces "exercices de lutte et de dextérité corporelle" pratiqués par des Nègres et gens de couleur, esclaves et libres, inquiètent l'autorité. Bien qu'aucune loi n'interdise la pratique, les capoeiras sont persécutés. Il est vrai que leurs bandes sortent de temps à autre et sèment la confusion dans la rue en cherchant à se mesurer aux autres.
En 1865-70 on enverra en première ligne les "Capoeiristas" lors de la guerre qui opposa le Brésil et l'Argentine au Paraguay. Rompus à la lutte, ils ferront des miracles et furent vite considérés en héros.
En 1888, libérés de leurs fers, les Noirs subissent une nouvelle forme d'esclavage : la pauvreté. Les "Capoeiristas" s'organisent alors en milices criminelles. Dès 1890, le gouvernement décide donc d'interdire ces milices et la pratique de la Capoeira, bien souvent mortelle lors des combats de rues.
La capoeira survit cachée jusqu'en 1937. Puis, soutenue par une nouvelle classe d'intellectuels considérant cette pratique comme ce qui pourrait devenir le "sport national" soudant la population et permettant de renforcer l'identité nationale de ce pays tout neuf, elle est alors tolérée, à condition d'être pratiquée dans des lieux fermés.
Aujourd'hui, la Capoeira est enseignée dans les écoles, les universités, les académies militaires. On peut l'apprendre dans toute l'Amérique du Sud, aus USA, et même dans certains pays d'Europe (dont la France).
Le professeur est le "maître", et on lui doit obéissance et respect. La Capoiera est une discipline très acrobatique et donc très physique, une bonne condition physique et le sens du rythme sont nécessaires, car les combats se déroulent en musique, et un capoieriste apprend aussi bien à se battre qu'à chanter et jouer. Il existe principalement deux écoles, l'"Angola" et la "Régionale", ces deux variantes se différencient notamment par le rythme des musiques et le parti pris - spectacle/danse ou combat de rue.
C'est maître Bimba, qui est à l'origine de "l'académie de lutte régionale de Bahia", Il apporte certaines modifications au jeu traditionnel et cherche à améliorer son efficacité en combat en s'inspirant parfois de techniques de boxes chinoises.
Maître Pastinha ouvre à son tour en 1941 son académie pour conserver le style traditionnel de Capoeira.
On a pu craindre à une époque que la Capoeira "Angola" ne disparaisse au profit de la Regionale mais désormais la plupart des maîtres pratiquent et enseignent conjointement les deux styles.
Deux sites importants : Capoeira.com et Capoiera en Europe